Tuesday, July 01, 2008

ISA par la compagnie T.R.A.S.H


Mes chers amis,

il nous faut une cohérence doctrinale.

Il y a le travail,

il y a le mérite.


La compagnie T.R.A.S.H est une compagnie qui dérange. Ici encore elle déstabilise.


Elle joue avec le vertige, le déséquilibre, l'énergie. Le décor est pensé pour multiplier les chocs, accentuer la violence. La voix souligne les corps.


C'est le grand écart permanent.


Entre le silence et le cri.


Entre les corps frappés et les corps embrassés.


Entre ce qui est attendu et ce qui est donné.




On a pu lire ici ou là que les choix chorégraphiques opérés privilégiaient le physique à l'émotion.

Le parti pris est affiché. Il me semble qu'on peut ressentir des impressions d'imprécision, mais il y a une réelle force qui perturbe, interroge, émeut.


La prise de risque est aussi une forme de virtuosité.



Sinon nous perdrons.





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Friday, June 27, 2008

Métamorphoses de F.Flamand. Scénographie des Frères Campanas.



Le rideau bas, les trois musiciens arrivent.

Le rideau se lève.

Des corps épars au sol.Une lumière sourde. Des contorsions.

Sensation d'observer des êtres autres vivre dans leur microcosme inacessible.

C'est à ce moment-là que je m'aperçois que j'ai la tête sur mes mains, tendue vers l'avant. Comme les petits enfants.
Complètement happée. Volonté de s'intégrer dans le microcosme.

Les petites cellules s'agitent. Se multiplient.

La lumière n'éclate pas encore.

Les premiers éléments perturbateurs percent.

Après le déluge.

Phaéton.
Les Héliades.

Persée et la Gorgone.

Actéon et Diane.

Cygnus.

Pallas et Arachne.

Narcisse.

La quête de la Jouvence.

Les premières métamorphoses achevées, la lumière irradie.

On peut voir des références à Preljocaj, à Kelemenis.

Le décor, personnage à part entière, interroge.

Les miroirs ambigus.




Nous rendons-nous compte que nous évoluons?

Voyons-nous seulement notre identité la plus imtime, comme cette séquence ADN, ou passons-nous à côté des variations les plus infimes qui nous affectent?

Les transformations perturbent même le genre, mais la vie continue, l'énergie reste là, se renforce.
La force de Flamand c'est de pouvoir tout montrer dans une ivresse de poésie.

Présenter un corps enserré dans des fils métalliques ne choque pas.
Il faut dire que ses danseurs portent au mieux ses mouvements.

Parmi eux, Simon Courchel et son élégance raffinée, Marcos Marco et sa crânerie électrique.

Yasuyuki Endo et sa grâce, son inspiration sublime de celui qui sait l'essence du mouvement.


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Monday, March 24, 2008

En ce temps-là, le monde des miroirs et le monde des hommes n'étaient pas isolés

Les spectateurs entrent dans les locaux de l'Ecole de Danse, tous plus étranges les uns que les autres. Il y a cette volonté du masque. Les gens sont grimés. Les visages, les corps disparaissent sous les apparences grimaçantes. Tous plus étrangers les uns que les autres. Des faces blafardes. La lumière des néons sans doute. Des regards vides. La bière à la main. De l'alcool, beaucoup d'alcool, pour se donner contenance, pour se libérer l'esprit. Comment voir dans ces conditions un spectacle sensible et spirituel ? Du bruit, beaucoup de bruit, le silence est devenu un luxe.
Alors vient le moment de l'entassement. Il y a parfois des flashes d'appareils photographiques. Je ne sais pas qui veut immortaliser quoi. Bientôt la représentation.

idée out : la vitesse
idée in : ralentir
idée choc : clonez-moi !
idée cool : être ensemble
trois idées top : riche jeune et beau
idée chic : être star au Japon
dernière idée : être heureux



Ce soir, nous revoyons pour la deuxième fois La Cité Radieuse, dans les locaux du Ballet National de Marseille. La salle est toute neuve, plus petite bien sûr que celle du Théâtre de La Criée. Le ballet s'adapte. Je me demande si les dimensions des décors ont été revues à la baisse. Pas la qualité du spectacle en tout cas. On peut noter également l'absence de quelques danseurs, tels Lionel Hun ou Yannick Rayne. Comme toujours avec Frédéric Flamand, la chorégraphie évolue, c'est elle qui va vers les interprètes, et pas l'inverse.
Ce soir encore, c'est un submergement de poésie.
soi
que soi
mieux que soi
toujours soi
toujours mieux que ça
toujours mieux que soi
tout va
tout va encore
tout va encore bien
tout va encore très bien
tout va très bien
tout bien
bien
bien que...

http://www.ballet-de-marseille.com/


Les textes en italique, ainsi que le titre, sont extraits du spectacle, à la volée, dans le noir, et dans l'impulsion du moment.
On se reportera aux articles antérieurs, traitant du même sujet, pour obtenir des informations supplémentaires quant à la portée symbolique et esthétique des ballets de Frédéric Flamand, directeur du Ballet National de Marseille.

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Wednesday, December 12, 2007

A Titre Provisoire - Les 20 ans de la Compagnie Kéléménis (suite)


D’abord le corps. Non. D’abord le lieu. Non. D’abord les deux. Tantôt l’un ou l’autre. Tantôt l’autre ou l’un. Dégoûté de l’un essayer l’autre. Dégoûté de l’autre retour au dégoûté de l’un. Encore et encore. Tant mal que pis encore. Jusqu’au dégoût des deux. Vomir et partir.
C’est sur ce texte que débute le troisième solo de Françoise Leick. Il est signé Samuel Beckett. Une voix monocorde récitera pendant 1h15 une adaptation de Cap au pire. Cela pourrait d’ailleurs donner le titre du spectacle (ou de la soirée). Il faut imaginer une salle et une scène entièrement plongées dans la pénombre, une pénombre profonde, parfois éclairée par un ou deux projecteurs, dont la puissance est si faible qu’ils n’offrent que des halos de lumière grisâtre sur le plateau. Dans ces halos, on croit parfois distinguer une forme, qui vaguement bouge, ou pas. Difficile de garder patience. Il s’agit de prêter l’oreille, de tenter de comprendre ce qui s’échappe de cette flopée de mots souvent absurde, d’écarquiller les yeux pour essayer d’apercevoir une ombre, un geste, ou l’ombre d’un geste, et de lutter contre l’envie irrépressible de dormir, ou de partir.
Une soirée mémorable donc, durant laquelle s’enchaînent trois soli pour une même danseuse : Queen de Julyen Hamilton, Urgence de Karim Sebbar, et Worstward ho de Maguy Marin. Trois univers décalés, à la lisière de l’intéressant. Le premier opus aurait pu être charmant, tous les ingrédients étaient réunis pour : une bande sonore étrange, l’utilisation de la vidéo, des éléments scénographiques épars, une danseuse professionnelle. Mais jamais les portes du captivant ne sont poussées. A un moment pourtant, elles sont effleurées : un tas de farine posé au sol, sur une bâche. Françoise Leick s’en approche, et entreprend de jouer avec, élégamment. Apparaissent alors des sculptures et des figures éphémères. Puis la danseuse se vautre dans la poussière, et la magie retombe vulgairement.
Quant au second spectacle, il est tout simplement le plus risible de tous. Vêtue d’une blouse blanche et de sabots d’infirmière, l’interprète évolue entre ventilateurs et sacs plastiques immaculés, en choisit un, et s’en coiffe. Suit alors un numéro de claquettes, le visage à couvert. Cette image était censée être poétique. Elle n’a su que déclencher une sorte de fou rire général, même si quelques spectateurs ont su rester stoïques. Puis la chorégraphie se poursuit, pieds nus et en robe de soirée, avec le couvre-chef toujours en place. Commenter cela serait lui donner de l’importance.

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Wednesday, November 28, 2007

Une soirée au spectacle


L'insomnie me gagne. Dans cette torpeur, les images sommeillent. Les épouvantes se taisent. Fulligineuse terre d'ombre. Poussière d'oubli. Recouvrir tout cela. Du sable sur tout cela. Ce soir, le seul danseur sera le sable. Dans cette immobilité. Dans cette incompréhensibilité. Dans cet ennui.

Mouvements au ralenti. Narration plane. Humour scabreux. Noir. Applaudissements. Bravos. Vivats. Snobisme affligé. Je me lève.

Et chacun est attiré par les images interdites. On rit, plein de malice. On rit, plein de gourmandise. L'acteur crache à terre. Expulse des noisettes. Triture des oeufs. Coupe de la glaise. La jette, la piétine. Le public en jouit.

Passe le temps, lentement. Une heure, le spectacle aurait dû être dense. Que nenni. Il n'y a rien. Rien ne se passe. Rien ne se déplace. Je consulte ma montre. Tout le gratin est là. Le monde chorégraphique. On applaudit vraiment n'importe quoi.

Un amour de ma vie est dans la salle. Nous faisons mine de ne pas nous voir. Peut-être que nous nous (re)croiserons un jour. En attendant, nous baissons les yeux, tout à nos nouvelles vies. Le spectacle est fini. Applaudir ou pas. Se retenir de siffler, de huer, de conspuer ce rien pour lequel j'avais déboursé des fonds.

Les lumières se rallument. Sortir, vite. Eviter cet amour qui est allé fumer dans la rue. Battre le pavé de mes talons qui courent. Monter dans la voiture qui m'attend. Rentrer chez soi.

Fin de la ballade.

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Monday, November 19, 2007

Michel Kelemenis fête la danse, et ses 20 ans


C'est pour célébrer ses 20 ans en tant que chorégraphe que Michel Kelemenis investit Marseille et ses environs.

Pour le moment, l'article sert surtout à vous avertir des jolies choses potentielles à venir. Nous sommes en pleine découverte de ce monsieur, et ça s'annonce particulièrement intéressant...


Tattoo vient d'être présenté en répétition publique puis à Martigues. Il a été créé en collaboration avec le BNM où le chorégraphe a posé ses idées pour un temps. Le thème du spectacle est le travail de la pointe, volontairement ancré dans le corps de la danseuse.


La pointe, outil technique.

La pointe, prolongement du corps.

La pointe, inscrite dans le corps.

La pointe et la danseuse comme un tout indissociable, une marque intemporelle évidente, comme un tatouage, un Tattoo.


Librement consentie, elle se démarque d'une prothèse ou d'un simple rajout de matière. Pour autant, M.Kelemenis se refuse à exploiter la pointe académiquement. Il la renouvelle. La rend audible telle le stylet du tatoueur.


La danseuse n'est plus réduite à un être éthéré. C'est quelqu'un de profondément libre qui a fait des choix éclairés. Elle mène la danse.


M.Kelemenis nous est apparu comme quelqu'un de fin et d'inspiré. La suite reste pour le moment ouverte.


Tattoo sera représenté en Mai 2008 à l'Opéra de Marseille.
http://www.marseille.fr/vdm/cms/accueil/culture/opera/programme/pid/795


Le reste de la programmation est disponible ici :

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Tuesday, September 18, 2007

Les quatre saisons. Angelin Preljocaj


Il y a une réputation derrière ce nom.
On s'attend à un choc, violent. Et le ballet s'ouvre, lentement, dans une langueur raffinée. La musique de Vivaldi n'est bien sûr pas étrangère au charme qui s'installe.
Et d'un coup, l'énergie surgit.
Surréaliste. Magistrale.
Les femmes araignées côtoient les starlettes de plage. Une grande inventivité se déploie.
Aucune vulgarité, juste une leçon de vie avec la provocation que cela implique parfois.
Mais nécessairement.
Il y a une réputation derrière ce nom.
Justifiée.
Méritée.
Indéniable.

Pour suivre l'actualité de ce ballet :

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Friday, August 17, 2007

Une soirée au Festival de Marseille : Pork-in-loop et Konnecting Souls


Présentée au Festival de Marseille 2007, Pork-in-loop de la compagnie T.R.A.S.H est un électrochoc. Les procédés utilisés sont très distincts de l'esthétisme raffiné de Frédéric Flamand, ma référence absolue. Et pourtant...

Et pourtant quelle force, quelle énergie, quelle émotion !

Des corps volcaniques, une explosivité du mouvement, une violence décalée et teintée d'humour. La chorégraphie est vraiment spectaculaire au sens propre du terme, et c'est une salle haletante qui assiste à ces projections des corps. Les murs, optimisés dans cette utilisation de l'espace, deviennent, avec l'humour féroce développé parfois digne de Tex Avery, de nouveaux partenaires.


Juste après lors de cette soirée, était présenté Konnecting Souls de Franck II Louise. Le spectacle était sublimé par le cadre incomparable des pins du parc Henri Fabre. Franck II Louise poursuit ici son travail autour de l'interface Homme-Technique. Il met en scène des corps mouvants, des corps-musiques. Les danseurs s'éxécutent sur le son de leur mouvement, la musique est mouvance.

Chaque position, chanque angle d'une articulation correspond à une note, et la chorégraphie crée ainsi la partition. Les passages en groupe renforcent l'effet de virtuosité, malgré, il faut l'admettre, quelques longueurs.

Rien à voir avec l'hystérie électrisante des danseurs de T.R.A.S.H, mais une expérience néanmoins nouvelle et donc enrichissante.



Pour se souvenir :



Pour continuer à découvrir :



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Monday, February 12, 2007

Gente di plastica. Mise en scène de Pippo Delbono. Prix olimpici del teatro 2003.


« Bonjour tout le monde ! Vous souvenez vous de Franck Zappa ? Ce soir, nous allons commencer avec quelques mots de Franck Zappa, des mots pris çà et là dans son livre… »

C’est par ces quelques mots que Pippo Delbono nous invite à rentrer dans son univers, une promenade en compagnie de seize comédiens qui nous livre « une étourdissante fresque humaines aux couleurs, à la poésie et à la virtuosité insensées ». Du haut de sa caisse radio, l’auteur nous offre une vision du monde sous l’empire de l’humour ironique. Une fois la musique lancée, une étrange danse s’organise entre les lectures de Pippo et leur mise en exergue au travers de scènes anecdotiques de retrouvailles de famille, de soirée chic, de réception… Ces moments de vie apparemment anodin dressent le tableau d’un système de poses codifiées auxquelles nous sommes tous assujettis. On comprend alors doucement que Pippo Delbono invente une langue pour nous montrer combien notre monde est plastique et trop soucieux de lui même, dépendant infiniment de sa propre image. Cette image de plastique qui commande chacun de nos gestes et peut être même nos sentiments est à la fois drôle et inquiétante. Elle déforme la vie pour la rendre sous un jour plus vrai.

Puisant sa force à la fois dans un déterminisme étouffant et le recours subtil à un désespoir qui se veut moteur, cette pièce imbibe la salle d’une atmosphère étrange. On se trouve en face d’une cinématique de la vie contre laquelle on à envie de se révolter mais qui nous est pourtant si familière. Tout le talent de lecteur de Pippo vous fait vivre chacun des mots prononcés, vous mettant tantôt face à l’angoisse, tantôt face au bonheur toujours plus plastique de tous les personnages. Vraiment, il faut avoir accroché sa ceinture pour plonger dans cette pièce qui interroge notre monde en profondeur, multipliant les échos et les résonances… Monsieur Pippo, tellement submergé par ce que je venais de voir, je n’ai pas applaudi à la fin de la pièce, mais c’est avec une grande révérence que je vous dis BRAVO !

Avec : Dolly Albertin, Gianluca Ballarè, Bobò, Enkeleda Cekani, Margherita Clemente, Piero Corso, Pippo Delbono, Lucia Della Ferrera, Fausto Ferraiuolo, Gustavo Giacosa, Simone Goggiano, Elena Guerrini, Mario Intruglio, Nelson Lariccia, Maura Monzani, Pepe Robledo.



Michaël H, auteur associé.

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Silent Collisions de Frédéric Flamand et Thom Mayne


Marco Polo inventa un langage sans mots pour conter le Grand Empereur et Frédéric Flamand a inventé des gestes pour parler à nos coeurs.

Frédéric Flamand traverse les murs et recule les plafonds. Il démultiplie les corps avec des miroirs. Plus d'espace, plus de temps, juste l'âme qui surgit, bouleversée et triomphante. La scène est dansante et les coeurs chavirent, mon souffle est coupé.

Les danseurs sont comme dans une bulle où ils évoluent, dans laquelle ils s'échappent et se raccrochent. Et nous emportent. Mon âme est éprise de ses gracieuses mouvances de l'instant.
Les corps sont happés par les mouvements, et les contacts les rappellent à la réalité. Des corps qui se parlent sans se toucher, des corps aveugles qui dialoguent.
Un violon aux notes expérimentales. Une musique qui frappe, qui choque, qui précipite les corps. Des sons qui viennent aux corps.

Et mes yeux éblouis et étincelants qui veulent pleurer pour arrêter de trembler d'émotion.


"J' ai un don je ne me souviens de rien".

"DESIRE HAPPY END"




Le Ballet National de Marseille présentera une répétition publique le 21 Février 2007...
Pour connaître toute l'actualité du Ballet National de Marseille :
http://www.ballet-de-marseille.com/

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Friday, December 15, 2006

Silent Collisions. La Cité Radieuse. Métapolis (I et II)


C'est une trilogie que nous propose Frédéric Flamand. Une trilogie sur les rapports de l'homme à sa ville.
En filigrane on retrouve les mots d'Italo Calvino dans "Les villes invisibles". Il y mêle aussi les procédés techniques en projetant des images, des corps en mouvement (ceux des danseurs en action dans l'instant même). Il investit l'architecture en travaillant avec des personnes comme Zaha Hadid, Dominique Perrault ou Thom Mayne.
Pour moi, c'est un chorégraphe transcendant, d'une grande finesse.

La Cité Radieuse.
Il y a des spectacles qui vous ouvrent les yeux, qui parlent à votre âme, qui bouleversent votre existence. La Cité Radieuse s'est emparée de moi. Je suis entrée dans le spectacle à coeur perdu et je n'en sortirai plus. Je n'arrivais pas à retenir mes larmes devant la poésie infinie des contacts. Je suis allée le voir deux fois dans la même journée tellement ce spectacle m'a chavirée. Toujours dans la même émotion. Instant précieux. Ivresse d'amour et de féérie. Moment de Grâce, vague de sublime, magie de l'Humain. On n'a pas tous les jours accès aussi facilement à son âme...


Métapolis II.
Métapolis II est la reprise de Métapolis mais adapté à la nouvelle équipe de danseurs. C'est la Danse elle-même qui se plie pour épouser les corps.
Je ne peux pas faire de comparaison, n'ayant pas vu la première version. Par contre, je trouve l'oeuvre plus violente que La Cité Radieuse, plus noire dans ses moments de contrôle, de soumission. Pourtant la virtuosité de l'ensemble m'a encore transportée. J'ai trouvé que Lionel Hun se démarquait davantage, sa maîtrise était plus impressionnante, et en même temps, chaque danseur est tellement spécial, tellement unique que l'équilibre est maintenu.



Ce sont des spectacles à ressentir, à vivre. Les mots les abîment, ils ne sont pas à la hauteur du talent de Frédéric Flamand. Je vous invite donc à découvrir "Silent Collisions" au Théâtre National de La Criée à Marseille, du 18 au 21 Janvier 2007.


http://www.ballet-de-marseille.com

www.theatre-lacriee.com

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Saturday, November 11, 2006

Ballet National de Marseille, Carte blanche aux danseurs


Ce 11 novembre 2006, soirée ouverture #5 au Ballet National de Marseille. Cinq danseurs imaginent quatre chorégraphies. La troupe interprète ces créations, dont les chorégraphes. Quatre oeuvres sublimes et originales.

"En passant par là...", Marion Cavaillé.
"Cul-de-sac", Marcos Marco et Yannick Rayne.
"Manfred", Katharina Christl.
"Koe (la voix sans timbre)", Yasuyuki Endo.

Il y a l'ombre du mouvement dans la clarté de l'immobilité. Il y a la cadence des gestes. Il y a la précision et la justesse.
Dans la lumière ocre et bleue des projecteurs, on entend le souffle qui s'échappe des poitrines échauffées. Les pieds frappent le plancher dans un bruit assourdi et vague. Les corps musclés luisent de l'effort consenti et offert à notre émerveillement.

Des artistes somptueux et rares se donnent en spectacle.
Marcos Marco et Yannick Rayne se distinguent par leur sérieux burlesque, tout en souplesse et en ingéniosité.
Katharina Christl met en scène son agitation hachée, percutante et pleine de la retenue de sa pudeur.
Yasuyuki Endo nous transporte dans un monde oniriquement asiatique : quatre bougies dans des vasques de céramique, disposées aux coins de la scène, éclairent une pièce au rythme envoûtant. Les danseurs portent des pantalons amples et noirs, et les percussions de la musique scandent une transe chamanique développée en clair-obscur. Profonds soupirs, regards graves, gestes tranchés et purs. Frémissement des êtres, de tous les êtres.

"Une voix sans timbre,
Un souffle qui dort,
Un cri sans résonance,
Une parole sans mot...
Pas besoin de voix.
D'ici, on entend l'écho des énergies qui s'élèvent..."
Yasuyuki Endo.

Une soirée faste.

S.

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Friday, November 03, 2006

Ballet National de Marseille

J'ai découvert leur travail l'année dernière avec "La Cité Radieuse" de Frédéric Flamand. Je pense qu'on ne peut pas savoir si on aime la danse contemporaine tant qu'on a rien vu de Frédéric Flamand.
Il y a une poésie infinie dans l'oeuvre de ce chorégraphe qui me bouleverse complètement.

La troupe elle-même de danseurs est exceptionnelle, et même si ça ne se fait pas trop, je voudrais mettre en avant les sublimes Yannick Rayne, Lionel Hun, Frédéric Carré, Yasuyuki Endo, Simon Courchel et une petite danseuse brune dont j'ignore le nom mais à la Grâce légendaire.


http://www.ballet-de-marseille.com/

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