Monday, August 31, 2009

Eric Pasquiou et Caroline Le Méhauté, deux Archists aux Grands Bains Douches




GALERIE DES GRANDS BAINS DOUCHES DE LA PLAINE, OUVERTE DU MARDI AU SAMEDI DE 15H À 19H / 35 RUE DE LA BIBLIOTHÈQUE, 13001 MARSEILLE / TÉL 04 91 47 87 92, FAX 04 91 42 18 30 / ARTCADE@NUMERICABLE.FR, http://www.art-cade.org/ / ART-CADE RECOIT LE SOUTIENDE : CONSEIL RÉGIONAL PACA, DRAC PACA, CONSEIL GÉNÉRAL DES BOUCHES-DU-RHÔNE, DIRECTION GÉNÉRALE DES AFFAIRES CULTURELLES DE LA VILLE DE MARSEILLE

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Friday, April 17, 2009

Alexandre Gérard ne s'en laisse pas conter...


Galerie Bonneau-Samames, rue Dragon, Marseille, expo Alexandre Gérard. Une petite pièce, une dizaine de photographies, trois vidéos. Un regard est proposé, un regard étrange et distancié, partagé entre esprit et humour. En anglais cela s'appelle le wit. Une façon décalée de voir le quotidien, et de tenter de le décoder. En collant ou pas à la réalité. Une photographie en apparence insignifiante est augmentée d'un commentaire - phrase ou texte - qui va inciter à une relecture de l'image.

On relit, avec le sourire aux lèvres. On s'approche. La porte de l'imaginaire est ouverte. On échappe à la banalité, l'espace d'un instant. Un instant subtil qu'on aimerait vivre plus souvent.

L'artiste est présent le jour de notre visite. Grand, mince, jeune, élégant. Intelligent et distingué, comme ses oeuvres.

Exposition du 6 au 30 avril 2009

Galerie Bonneau-Samames

43 rue Dragon

13006 Marseille

Pour en savoir plus :

http://www.documentsdartistes.org/artistes/gerard/page1.html

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Sunday, January 25, 2009

Gérard Fabre ne peut pas toujours être drôle...


Ce sont des sculptures en papier mâché peintes à l'acrylique que nous propose le peintre Gérard Fabre en ce moment à la galerie Athanor. Ce sont des peintures à l'acrylique sur toile de jute que nous propose le sculpteur du même nom à la galerie éponyme.




Dans le petit Cube Blanc de le rue de la Taulière, s'étale un joyeux ensemble coloré, au sol et sur les murs, envahissant l'espace. Les formes sont vaguement animales, aux dires de certains. Moi je préfère y lire des formes, les plus insensées possibles, essentiellement pansues, et présentant quelques angles bien tranchés. Des formes imposantes et quelques fois cocasses, l'humour venant quand on en cherche l'interprétation. Les titres des pièces sont à ce titre emblématiques. Je citerai pour mémoire l'inénarrable Babarévitch.

On peut voir les dernières oeuvres de Gérard fabre jusqu'au 14 février 2009 à la galerie Athanor (Marseille).

Pour en savoir plus :

http://www.documentsdartistes.org/artistes/fabre/page1.html

http://www.7000articulations.fr/

http://processbleu.overblog.com/

(Photographie de l'exposition : JC Lett)

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Monday, September 01, 2008

Vagues de lumières et lumières vagues


Il y a un petit voyage qui vaut le détour ces temps-ci au musée Cantini, et cette excursion se fait en compagnie d'un sacré marcheur, d'un artiste qui a osé emprunter des chemins tant nocturnes qu'écrasés de soleil, et ce pour saisir l'essence de la couleur, et découvrir la nature du dessin.
C'est au cours d'un bref séjour en Provence qu'Alfred Manessier, peintre abstrait des latitudes plus élevées, a été suffisamment impressionné pour absorber des images qui ont bouleversé sa vision de l'art pictural. Il a notamment découvert que la couleur était la lumière, ou mieux, que la couleur procédait de la lumière, comme une transfiguration mystique. Le dessin lui-même est devenu un but en soi, et non plus une manière de construire un tableau. Le dessin en tant qu'objet, en tant qu'écriture, et donc en tant que mode d'expression.

L'exposition Manessier en Provence du musée d'art moderne de Marseille est très riche. On peut y voir des huiles sur toiles, aux couleurs vibrantes et somptueuses, des dessins et des aquarelles, comme autant de prémices aux compositions pigmentées, ainsi que de magnifiques lavis sur papier kraft, mais pas n'importe quel papier kraft. Il s'agit des nappes de papier que l'aubergiste chez qui Manessier logeait avait offertes au peintre, venu sur les lieux non pour travailler, mais pour se reposer. Ainsi donc chaque oeuvre est une surprise, une surprise que le peintre a vécue, un submergement d'émotions.

Les notes de l'artiste l'attestent, chaque lever de soleil est un poème, chaque remous dans les rivières, chaque frémissement d'arbre.

ces arbres roux cendrés / - ou plutôt cendre rousse douce / toutes ces feuilles crevées / par des trous de chenilles.

ce tronc d'olivier calciné / noir profond / argent brillant et gris un peu plus chaud / l'écorce par plaques rugueuses.

L'émerveillement se vit jusqu'au 28 septembre.

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Wednesday, June 25, 2008

Quelques mots sur le fronton d'un édifice ou les mythes dans la ville



L'ART RECOIT LA BEAUTE D'APHRODITE
LE RYTHME D'APOLLON
L'EQUILIBRE DE PALLAS
ET IL DOIT A DIONYSOS LE MOUVEMENT ET LA VIE

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Saturday, June 07, 2008

"Le véritable artiste aide le monde en lui révélant la vérité mystique"


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Monday, May 05, 2008

Nostalgie d'un monde évaporé


Il y a les demi-teintes
des falaises
qui s’affalent
dans les brouillards
ces silhouettes
d’arbres givrés
aux flancs des sommets.
Dans les vallées
que de beuveries !
que de cascades
englouties
dans les gorges des buveurs
de paysages !
Daniel Dezeuze
Chine, Jardins nouveaux et d’autrefois
éditions Carte blanche

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Sunday, September 16, 2007

"Dessin la main légère, formes de l'ombre"


La formule est de Pierre Bonnard, dont on peut voir une belle sélection de ses dessins au Musée Cantini, à Marseille, jusqu'au 2 décembre 2007. Plus de 160 oeuvres, au crayon pour la plupart, mais aussi à l'encre, à l'aquarelle, au pastel, au crayon lithographique, sur des petits morceaux de papier. Les bords déchirés sont parfois émouvants.

On retient de tout cela une extrême liberté du trait, une forme de spontanéité. Bonnard ne dessinait pas pour faire plaisir à un éventuel public, mais pour sa propre jouissance, et cela se voit. Les images sont polymorphes et polysémiques, à la fois brouillonnes et soignées.

Cette manie d'encadrer les dessins, avec la palette qui s'inscrit tout autour, et à l'inverse, de les rendre confus par un violent gribouillage, fréquemment placé au premier plan.

Tout est prétexte au croquis : une nature morte, un paysage, sa femme aussi bien sûr, sans oublier les livres à illustrer, les affiches à créer, etc.


Et puisque "le dessin c'est la sensation, la couleur c'est le raisonnement", s'imprègne la volupté de l'art dans la lumière atténuée.
Le 3 octobre, l'artiste fêtera ses 140 ans.

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Peter Friedl et Toni Grand au MAC


Dans le hall d'entrée, se donnent à voir les fameux cylindres de plexiglas de Toni Grand, dont le pas correspond à la longueur d'un poisson. Le ton est donné. L'artiste camarguais a toujours insisté sur une sculpture à partir de l'animal et du végétal, à la mesure même de ces règnes. Alors que les systèmes de mesure classiques sont basés sur les dimensions humaines (pied, pouce, tatamis, etc), sont ici proposées des formes incongrues aux proportions autres. Ce sont des morceaux de bois stratifiés, ce sont des poissons momifiés dans la résine. S'élancent des lignes d'anguilles, des totems de congres, comme autant de lignes de fuite. Les branches pétrifiées portent encore la marque de leur origine. Et nagent dans le vide des fouillis inextricables. On dirait les gribouillages de la pensée.
De Peter Friedl, s'offrent des amas de photographies, exposé(e)s en tous sens, des vidéos insensées, des sérigraphies, fascinantes de simplicité et de profondeur. Ici, un quadrillage enfermant des crocodiles, là, une immense carte des Etats-Unis sur fond rouge, dont il manque la côte extrême orientale. En s'approchant, on voit alors apparaître les noms des Etats indiens. Et puis, il y a les dessins de l'artiste bien sûr, surtout les dessins.
Le dessin comme un simple mot, talk, une sentence, Niente di nuovo, une tache, un collage, un griffonnage. Le dessin sur du papier, quelle que soit son origine, sa taille, sa qualité. Le dessin avec n'importe quel medium : crayon, feutre, stylo, peinture. Le dessin qui aborde n'importe quel sujet, obscène ou pas. Le dessin aux allures enfantines.On pense à Paul Klee, le peintre qui s'imposait de dessiner avec la main gauche pour se rendre inhabile, enfantin, et imprévisible.
Il y a là l'exposé d'une maîtrise implacable de l'art graphique.
Et surgit la poésie, si souvent.

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Saturday, May 12, 2007

Sérénité, Sérénité, Sérénité...


Un athanor est un fourneau d'alchimiste utilisé pour la réalisation de la pierre philosophale. A ce titre, on l'appelle aussi four philosophique.

Et justement, c'est à la Galerie Athanor de Marseille que l'on peut suivre les avancées du peintre Georges Autard.

L'on y trouve des dessins, grands et petits formats. Le papier est directement cloué au mur, ou soigneusement protégé dans des cadres. L'artiste s'est servi de fusains, de plumes et d'encres, de pinceaux chargés d'aquarelle. Découpages, collages, agrafages, schémas et annotations.


Georges Autard évacue des images qui l'obsèdent. Et il les montre. La digestion alchimique opère.


L'on y trouve également des peintures, presque monochromes, le plus souvent. Ce sont des éclaboussures généreuses, des traînées de peinture qui se déploient, des empreintes qui courent autour des châssis, des Traces de Doigts. Ce sont des idées, encore embuées de l'éclat des rêves. Parfois apparaissent des paysages imaginaires dans ces méandres pigmentés, ou plutôt dans l'esprit de ceux qui les contemplent.



Georges Autard
Oeuvres récentes - peintures - dessins
du 3 mai au 9 juin 2007
Galerie Athanor
5, rue de la Taulière
13001 Marseille




Sylviane

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Thursday, March 29, 2007

Voix d'encres


Ecrire, c'est écouter le monde, lui parler, le comprendre. Prendre le temps de cela. S'isoler dans la contemplation des êtres et des choses. Etre présent et méditatif. S'abîmer dans l'immense réflexion du tout et du rien. Jouer avec les concepts et imaginer les possibles.
Lire, c'est prendre conscience de tout cela, l'accepter et s'en imprégner.

A (re)découvrir, l'oeuvre sensible et raffinée du peintre chinois Jiang Hong Chen.

Son site :

Une vidéo montrant l'artiste et son atelier à Paris :


Les moments où la pensée s'égare le plus sont, finalement, les plus décisifs.

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Thursday, March 15, 2007

Visions de Sculptures I


Passer du dessin en deux dimensions à sa représentation spatiale, quelle gageure ! Cela demande de savoir regarder un problème sous tous ses angles. Il faut alors apprendre à nuancer son approche, à prendre du recul, de la perspective.

Mesures, reports d'angles, triangulation, imagination sans fin de la géométrie qui délire.


Penser au vide et au plein, à la structure et à l'espace qui l'entoure. Organiser aussi l'espace entre les structures. Jouer avec la matière, de la statuaire à l'installation, en passant par le monument, vastes paysages du Volume.


Chercher à accrocher la lumière, car c'est elle et elle seule que l'on voit lorsqu'on observe une sculpture. Circulation douce du flux lumineux avec des courbes, ruptures avec les angles et les tranchants.


Parfois, simplifier les formes jusqu'à la lisière de la reconnaissance, à la frontière du lisible. Créer un langage, toujours, et conjuguer les verbes, et tenant compte de la déclinaison de chacun des mots, ainsi que de leurs sens figurés.


Dépasser les contraintes, en trouvant des combinaisons nouvelles. Exprimer une vérité, une liberté intérieures, en définitive, travailler ses différentes spécificités.


Jouer avec les mots, les concepts, les choses. L'artiste est quelqu'un qui joue avec le monde des Idées.



Les dessins sont de Gérard Fabre, sculpteur et professeur à l'Ecole des Beaux-Arts de Marseille.

Voir son site :


A consulter également :

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Sunday, February 18, 2007

Au détour de la Fantaisie


Il y a des hommes qui ont le courage, la folie, ou les deux,
De changer radicalement de vie,
Délaissant un jour les craies pour les pinceaux.

Il y a des êtres attirés par l'Extrême-Orient,
Le regard plein de stupeur
Levé vers de colorés stupas.

Il y a des artistes qui représentent des Idées
Plus que des choses
Et qui vivent dans un monde de réalités allusives
Et de suggestions fugaces.

Il y a des peintres pour qui
La peinture pure ne suffit pas
Et qui préfèrent se délecter d'Imagination pure.

Il y a des dessinateurs pour qui
Le Trait est la quintessence du Tout,
Et qui en deux lignes et deux courbes
Réinventent le Monde.

Il y a Georges Autard, peintre et professeur aux Beaux-Arts de Marseille,
Qui expose quelques unes de ses oeuvres
- Livres d'artistes et estampes -
A la galerie du Porte Avion de Marseille,
42 rue Sainte.


http://www.galerieporteavion.org/

Georges Autard s'exprime aussi via son site internet :
http://lesitesubjectif.free.fr/
et son blog :
http://jitensha.canalblog.com/


Sylviane

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Thursday, January 11, 2007

L'art de l'acte - Shiraga Kazuo


« Lorsque découvrant ma vraie nature je me suis décidé à me débarrasser de tous les uniformes existants pour me mettre nu, la figuration a volé en éclats et j’ai laissé tomber mon couteau de peintre qui s’est brisé en deux. Chemin abrupt de l’originalité. Aller de l’avant, marcher encore, qu’importe de tomber. Un jour, j’ai troqué mon couteau contre un morceau de bois que j’ai rejeté par impatience. J’ai essayé à main nue, avec les doigts de la main. Puis, persuadé qu’il fallait aller toujours plus avant, j’avançais toujours plus loin et, en avançant, j’ai trouvé les pieds. C’était bien ça ! Peindre avec les pieds… »

En 1987, Shiraga Kazuo a réalisé une performance à Marseille, au centre de la Vieille Charité. Il s’agissait une fois de plus de peindre en public une toile monumentale (environ 2 mètres sur 3) posée au sol. L’artiste japonais a commencé le rituel par une séance de méditation auprès de son petit autel, puis a déposé des amas de peinture à l’huile sur sa toile. Il s’est ensuite suspendu d’une main à une corde, elle-même accrochée à la coupole de la chapelle de la Vieille Charité, et a entamé une sorte de danse dans les airs, ou de combat avec la matière (les pigments), foulant aux pieds la peinture, répartissant les couleurs, les mélangeant, et ainsi composant son tableau. Celui-ci ne porte pas de titre. L’œuvre est aujourd’hui exposée au Musée Cantini, à côté d’une autre toile du même Shiraga, peinte en 1959.
Les deux tableaux se ressemblent d’ailleurs, on ne peut pas parler de l’un sans penser à l’autre. Tous deux ont été composés selon le même procédé décrit plus haut, avec la même technique, à savoir de la peinture à l’huile, lourde et dense, et avec pratiquement les mêmes couleurs, du noir, du rouge et du blanc. Dans les deux cas, on note l’abondance de matière, les traces et tourbillons, le modelé de la pâte, l’alternance de lisse et de relief, les grands sillons, l’empreinte organique quelquefois des pieds, des orteils, les marques de glissade, la générosité du trait, les variations de densité, de pression, de transparence, et de superposition des pigments. Ces quantités impressionnantes de peinture ont bien évidemment nécessité des temps de séchage relativement longs. Au reste les toiles agitées et polysémiques de Shiraga, peintes horizontalement, doivent toujours sécher dans cette même position, avant que de pouvoir être exposées à la verticale. On remarque de plus la présence de clous dans certaines épaisseurs de pigments particulièrement périlleuses. Ces œuvres exécutées par des mouvements rapides, rythmés, précis, avec un médium surprenant, les pieds de l’artiste, se caractérisent par une grande vigueur, en même temps qu’un certain dépouillement. L’ensemble dégage une énergie considérable.

Shiraga Kazuo, né au Japon en 1924, a étudié la calligraphie aux Beaux-Arts de Kyoto. Il a réalisé ses premières peintures abstraites au couteau en 1951. Il s’est ensuite essayé à d’autres techniques, comme ses ongles, ses mains, ou des pièces de bois. A partir de 1954, il décide de peindre avec ses pieds. Chef de file du groupe Zéro, il rejoint le mouvement Gutaï (Art concret) en 1955. Ce mouvement, dirigé par Yoshihara Jirô, et composé de calligraphes, peintres, moines et lettrés japonais, sa caractérisait par une forte volonté expérimentale, ainsi que d’intenses réflexions sur la peinture, son support et sa matière, allant jusqu’à remettre en questions la notion de tableau. Considérés comme des extravagants et des excentriques, Shiraga et les membres du Gutaï percevaient la matière comme étant dotée de vie, et s’interrogeaient sur le rapport et l’interaction entre la matière et l’artiste. Pour eux, l’art passait par une libération des pulsions psychiques individuelles les plus intimes, les plus spontanées, et les plus originales de chaque artiste. Dans le manifeste Gutaï de 1956, on peut lire que « L’art Gutaï ne transforme pas, ne détourne pas la matière ; il lui donne vie. Il participe à la réconciliation de l’esprit humain et de la matière, qui ne lui est ni assimilée ni soumise et qui, une fois révélée en tant que telle se mettra à parler et même à crier. L’esprit la vivifie pleinement et, réciproquement, l’introduction de la matière dans le domaine spirituel contribue à l’élévation de celui-ci. »
L’expression picturale abstraite Gutaï prend sa source à la fois dans l’abstraction informelle et lyrique française, tout particulièrement dans le travail de Georges Mathieu, qui s’est rendu au Japon, et a rencontré les artistes Gutaï, et dans l’expressionnisme abstrait américain, notamment l’action painting de Jackson Pollock, connu à cette époque au Japon par la diffusion des revues artistiques. Cependant les membres du Gutaï entendaient dépasser ces manifestations de l’art abstrait, nommant leur art « concret ». Yoshihara Jirô résumait leur démarche en écrivant que « nous voulions nous positionner de manière ouverte sur l’extérieur, en opposition avec la démarche centripète de l’abstraction. » Par ses peintures, ses cérémonials, ses installations, ses théâtres, ses actions dans la nature, l’art Gutaï a eu une influence en retour sur l’art occidental, étant à l’origine de l’arte povera, du body art, du land art, du happening, etc…

Pour Shiraga, sa peinture équivaut à de la calligraphie sans idéogrammes. En 1964, il devient moine bouddhiste zen au Temple du Mont Hiei, sous le nom de Sodo Shiraga. Son travail artistique est donc empreint des sagesses anciennes et de la tradition zen, avec ce que cela comporte d’esprit critique, de paradoxe, d’humour, et de logique de contradiction. Par son esthétique de l’imperfection, Shiraga propose une vision organique de la nature, avec ses sinuosités, ses allers-retours, ses tourbillons, le tout dans le cadre d’une fusion de l’homme avec la nature, nature dont il procède. Après avoir exploré le monde des gestes et de l’informe, il investit depuis 1980 celui du monochrome, restant fidèle au noir, au rouge et au blanc, tout en accomplissant ses missions monastiques.
S.

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Thursday, December 07, 2006

Gianluigi Toccafondo, ou la peinture en mouvement


Gianluigi Toccafondo est un peintre, illustrateur et cinéaste italien né en 1965 à San Marino. De sa double passion pour la peinture et le cinéma naît une peinture animée mêlant poésie des formes et des couleurs. Ainsi travaille-t-il avec des photographies, des photocopies et des photogrammes qu'il retouche à la peinture, utilisant divers médiums, transformant les images en univers à trois dimensions, qui englobent et emportent les personnages.
Ceux-ci courent avec leurs membres fuyants, se déforment, et s'envolent dans des paysages improbables et insaisissables. L'esprit hésite sans cesse entre le burlesque, le rocambolesque et l'onirisme délirant. Les formes sont mouvantes, les textures insaisissables.
Toute l'oeuvre de Toccafondo est basée sur le mouvement, la transformation, et la magie de l'animation fait communiquer les images entre elles. Ce sont elles d'ailleurs qui déterminent et définissent le sens des histoires racontées. Parfois, quand la commande l'exige, le scénario précède la danse.
Car c'est de danse qu'il s'agit au fond, de théâtre, de théâtralité même, un théâtre de marionnettes dont le maître mot est la Fabula, l'univers du Conte.

"Essere morti o essere vivi è la stessa cosa" (2000), film en hommage à Pier Paolo Pasolini, est un bon résumé de l'oeuvre de Toccafondo, qui oscille en permanence entre rêve et réalité.


A voir, jusqu'au 23 décembre 2006, l'exposition Lanterna Magica, à la Galerie de l'Ecole Supérieure des Beaux-Arts de Marseille, 41 rue Montgrand, qui présente plus de 200 dessins de l'artiste, ainsi que de nombreux dessins animés.
http://fotokino.org/IMG/pdf/programme06.pdf

A visionner, La coda (1989), un court-métrage de 2'
http://www.vimeo.com/clip:119353

Enfin, le site d'Arte propose La Piccola Russia, un dessin animé de 16'
http://www.arte.tv/fr/cinema-fiction/court-metrage/Visionner_20des_20films/400994,CmC=563638.html
S.

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Sunday, November 19, 2006

De l'incursion de l'Ecriture dans l'Art


Ecritures sculptées sur les murs de la salle de réception de l'Opéra de Marseille :
Orphée magicien subtil des mille bruits de la nature tu pénétras l'accord secret. Tes accents unissaient les bêtes et les hommes dans une même communion et renouvelaient l'enchantement de l'âge d'or des temps révolus.
Orphée que sur le seuil de ce temple ton nom soit évoqué. Dispense au visiteur la divine vertu de tes rythmes errants sur les rives méditerranéennes pour qu'il lui soit révélé par le contact du beau l'essence même de la vie.
Ecritures relevées sur le mur de scène :
Méditation scénique
Choreutes et attributs
Le chant agreste
Chant lyrique
La voix tragique
La naissance de la beauté / Aphrodite massalienne / Hymne de la mer soulevée
La comédie musicale
Les danses
Les deux voix
Le chant de l'épopée
La mémoire théâtrale
Autant d'énigmes poétiques, d'arcanes à déchiffrer. Et ces mystères font frémir l'imaginaire de qui les croise.
S.

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